Cette promenade, qui passe par les remparts, les murailles et les fortifications de la ville, a pour objectif de faire découvrir l’un des plus grands attraits touristiques de la ville. L’itinéraire comprend le Château de la Suda, un impressionnant témoignage de l’architecture de la ville de l’époque musulmane, qui possède le seul cimetière maure à ciel ouvert de toute la Catalogne et qui accueille également un hôtel de la chaîne des Paradors de Tourisme.
Dans un premier temps, l’itinéraire qui peut être effectué comprend les tronçons des fortifications des Avançades de Sant Joan, du Château de la Suda déclaré Bien d’Intérêt National, des Jardins du Prince, de la Place de l’Immaculada, du Passeig de Ronda et de la Tour du Célio. Le parcours est indiqué à l’aide de panneaux d’information traduits dans plusieurs langues. Ces panneaux, qui incluent un plan, se trouvent au niveau des fortifications des Avançades de Sant Joan, du Passeig de Ronda, de la Place de l’Immaculada et de la Tour du Célio (ce dernier panneau sera posé après les travaux actuellement en cours). Il existe également des indications qui permettent d’identifier l’itinéraire dans les Jardins du Prince, au niveau des fortifications des Avançades de Sant Joan, et dans les rues Vandellós et Figuereta.
Le parcours peut être fait à pied ou à vélo. Grâce à cette promenade, notre ville met à disposition du visiteur un nouveau produit touristique.
MURAILLES ET ENCEINTES FORTIFIÉES
L’un des exemples d’architecture militaire du 17ème et 18ème siècle les plus représentatifs de toute l’Espagne se trouve à Tortosa. En effet, notre ville possède, et termes de qualité et de dimensions, l’un des sites fortifiés les plus importants de la Péninsule Ibérique.
Depuis de nombreux siècles, Tortosa a toujours été une place forte. Le fait de se trouver à la fois sur la route fluviale littorale au niveau de l’embouchure d’un fleuve, et sur le tracé d’une voie terrestre (la Via Augusta), passage obligé entre Barcelone et Valence, explique pourquoi la ville fut un important carrefour commercial et stratégique. Le centre fortifié et militaire de Tortosa contrôlait l’accès vers l’Èbre, et aux confins de la Catalogne, de l’Aragon et du Pays de Valence, son importance s’est renforcée avec le temps.
Hormis les vestiges de la muraille romaine que les fouilles archéologiques ont permis de redécouvrir, l’enceinte fortifiée la plus célèbre de notre ville est le Château de la Suda, une casbah du 10ème siècle qui se trouve entre la colline dominant le fleuve et les rues de la ville qui l’entourent. Tortosa conserve également une partie de ses murailles médiévales construites au 14ème siècle, dans plusieurs quartiers de la ville, et quelques-unes des portes qui donnaient accès à l’intérieur de la cité.
Tous les éléments typiques d’une construction complexe de ce type sont présents : des douves dominées par des remparts et leurs meurtrières où étaient postées les pièces d’artillerie, ainsi que d’autres éléments architecturaux comme des chemins de ronde, des corps de garde et des accès couverts entre les différents corps de bâtiment de l’ensemble.
Le statut de place forte, la cinquième de Catalogne, a disparu vers la fin du 19ème siècle. La présence du dernier régiment remonte à 1931, alors que la ville avait accueilli des garnisons de toutes les Armées.
Les murailles médiévales de Remolins, la Tour du Célio et la Porte des Juifs
Ce secteur défensif s’étend au Nord-est de l’enceinte fortifiée de la ville, au niveau du quartier de Remolins, et son tracé est resté tel quel, avec un tronçon assez long du chemin de ronde. La majeure partie de ce tronçon correspond au pan de la muraille à l’exception des tours de défense des deux extrémités, aux pieds de la falaise appelée Tour du Célio ou Torre Grossa, et dans la partie supérieure, avec les vestiges de deux tours carrées qui ont été intégrées dans la structure adossée des Avançades de Sant Joan. La Porte des Juifs, appelée également Porta del Ferre, se trouve sur ce long parcours, au niveau de la rue de la Figuereta. Il s’agissait d’une porte d’accès secondaire, au milieu de la muraille médiévale qui gardait l’ancien quartier juif, qui permettait de rejoindre, à l’extérieur, le cimetière juif et qui, en période de crues, permettait d’accéder aux vergers situés hors des murailles et aux villages de la rive gauche du fleuve.
Ce secteur, construit pour l’essentiel au 14ème siècle, a été en grande partie modifié au fil du temps, en particulier le haut des murailles, avec la création de meurtrières et la disparition presque partout des créneaux typiques de l’époque médiévale.
Les Avançades de Sant Joan
Cette ancienne forteresse connue comme les avançades et/ou l’hornabec, et dont la construction remonte à la deuxième moitié du 17ème siècle, comprend deux tronçons de muraille de l’époque et une autre plus ancienne.
L’accès à l’intérieur de la ville se faisait à travers la première muraille. Cette enceinte fortifiée possède de larges fosses allongées en forme de pointe de flèche, et même si elle fait partie d’un système défensif plus complexe, elle pourrait en être complètement indépendante. La partie supérieure comprend plusieurs fortins et des remparts qui communiquent entre eux (premières avancées, chemin de ronde, ravelin, rempart couvert, corps de garde, fosse principale, cour d’armes, contre-muraille Nord et Sud, et fosse intérieure).
Le deuxième ensemble des fortifications comprend deux demi-remparts de forme polygonale reliés entre eux par un pan de muraille. Il se trouve à l’extrémité Ouest, adossé à la muraille du 14ème siècle, séparé de l’ensemble du 17ème siècle par une fosse étroite et profonde.
Enfin, citons le tronçon de muraille du 14ème siècle auquel est raccordé l’ensemble du système défensif qui a été construit progressivement au cours des différentes époques.
Le Fortin du Bonet
Ce fortin fait partie de la deuxième enceinte de défense du Rastre. Son principal élément est un rempart au milieu d’une fosse étroite. Il s’agit d’une fortification isolée qui communique en même temps avec le réseau des fortifications de la ville à travers des murailles comme celle du Rastre du 17ème et 18ème siècle. Le plan du corps de bâtiment principal est polygonal et adapté à la base du monticule sur lequel il se trouve. L’intérieur comprend deux étages (avec des pièces enterrées au niveau inférieur et des meurtrières et des embrasures pour y poster l’artillerie). Les deux pièces avec leur voûte en plein cintre servaient probablement de poudrière. Le fortin possède un grand blason, œuvre d’une personnalité encore non identifiée.
Secteur des fortifications de la butte du Sitjar. Porte de Tarragone et remparts de la Victòria, des Croix et du Saint Christ
Les origines de ce secteur proviennent du tracé médiéval qui remonte au moins à 1340, même s’il fut achevé avec les tronçons de muraille construits entre 1367 et 1369. Le tracé préservé correspond aux travaux de fortification commencés pendant la deuxième moitié du 17ème siècle lorsque toute l’enceinte fortifiée fut adaptée aux nouvelles exigences militaires de l’époque, si bien que les seuls éléments médiévaux encore existants sont l’ancienne Porte de Tarragone appelée également Porte de Santa Clara ou du Miracle, et la tour octogonale adossée à cette dernière. Le système défensif utilisé, appelé système Vauban, suppose une transition entre le bastion circulaire ou carré et le bastion angulaire ; en effet, les tours médiévales carrées ont été substituées par des remparts de forme polygonale avec une orientation permettant de couvrir les flancs de la muraille conçue pour y installer des pièces d’artillerie.
Grâce à deux tronçons de muraille, le rempart de la Victòria communique avec le fortin du Bonet et le rempart des Croix. Un autre tronçon monumental du 14ème siècle redescend vers les quartiers de Santa Clara et du Rastre. Une fosse de grandes dimensions a été conservée entre le rempart des Croix et celui de la Victòria.
Le Fort d’Orléans
Construit dans le secteur le plus au Sud, ce fortin a pris le nom du duc d’Orléans qui ordonna sa construction après l’arrivée des troupes françaises dans la ville, pendant la Guerre de Succession d’Espagne. Il se dresse sur un promontoire d’une grande importance stratégique, difficilement accessible, et il permettait d’accéder à l’origine à l’enceinte fortifiée du secteur du Sitjar. Il comprend deux demi-remparts, un triangulaire et un autre polygonal, refermés sur une cour intérieure très irrégulière. La partie supérieure possède de nombreuses embrasures pour les pièces d’artillerie, et quelques flancs présentent des meurtrières. L’intérieur comprend des salles étroites et des vestiges d’autres dépendances enterrées.
Le Fort de Tenaces
Il s’agit d’une fortification extérieure, sans côtés, et dont la construction remonte probablement au début du 18ème siècle. Son système de défense répondait aux nouvelles exigences militaires de l’époque. Il est conçu comme un avant-poste défensif du secteur Nord de la muraille de Remolins. Il pouvait accueillir jusqu’à cent hommes. À la fin du 19ème siècle, après la disparition du Gouvernement Militaire, il fut cédé à la ville et devint une propriété privée, un cas exceptionnel pour ce type de bâtiments.