Cet itinéraire commence au niveau de l’Av. Generalitat, dans le quartier du Temple. Le premier arrêt de cet itinéraire est la Maison Pallarès (35), connue populairement sous le nom de Villa Alícia. Elle est l’œuvre de Pau Monguió i Segura. Elle possède un sous-sol avec une grande voûte surbaissée, un rez-de-chaussée, un premier étage et des combles, et elle allie certaines caractéristiques de l’Art Nouveau catalan aux motifs ornementaux typiques du romanticisme.
Plus loin, nous trouvons la Maison Piñana. Cette dernière est également l’œuvre de l’architecte Pau Monguió i Segura. Le premier étage présente une façade extérieure conçue comme une grande tribune avancée et divisée en trois corps par des arcs paraboliques et en plein cintre, profilés avec une décoration à base de mosaïque.
Le centre névralgique de la ville s’est déplacé au fil des siècles avec le développement urbain, ce qui a supposé, entre autres, le besoin de créer des espaces verts et de loisirs à l’intérieur de la structure urbaine. Une modeste promenade bordée de mûriers fut aménagée en 1848, et elle sera progressivement prolongée jusqu’en 1880. Cette promenade est à l’origine de l’existence des Jardins Publics Teodor González. Ces jardins abritent depuis 1933 l’ancienne bourse médiévale, la Llotja (17).
Continuons notre chemin le long de l’Av. Generalitat et rejoignons l’ancien quartier de Pescaors, très endommagé pendant la Guerre Civile mais qui conserve deux des édifices publics les plus intéressants de la ville : le Marché Municipal (25) et le Marché au Poisson. Le premier a été construit entre 1884 et 1887 par l’architecte Joan Abril et il est un élément important de l’architecture éclectique catalane. Le Marché au Poisson est un bâtiment de style rationaliste, œuvre d’Agustí Berlett.
Reprenons notre chemin en direction de la Place Alfons XII construite entre les deux axes des nouveaux quartiers pour contempler le travail de ferronnerie de l’un des édifices construits pour la famille Ballester. Devant nous, de l’autre côté de la place se trouve l’ancienne Clinique Sabaté (34). Avec une structure classique, au vu de son austérité et de la disposition de ses fenêtres, cet immeuble montre une claire influence orientale dans la décoration aux motifs égyptiens.
Prenons la rue Cervantes et découvrons d’autres immeubles intéressants comme la Maison Margenat, la Maison Albacar et le Couvent des Serviteurs de Jésus. Rendons-nous donc à la Maison Bau (33), dans la rue Berenguer IV. Cet immeuble, au style éclectique, présente une approche rythmique des arcs du rez-de-chaussée supportés par des colonnes cylindriques courtes et des chapiteaux aux motifs floraux.
Revenons dans la rue Cervantes pour découvrir d’autres exemples comme la Maison Matheu (31) et la Maison Brunet (32). La première présente un mur en pierres de taille en relief, avec une décoration d’inspiration végétale regroupée essentiellement au niveau de l’angle, autour des fenêtres et du mirador, ce dernier possédant un beau vitrail. Dans un style aux lignes baroques, la Maison Brunet compense la masse imposante et le poids de son volume par la décoration de ses piliers et de ses frontons qui, grâce aux moulures et à la corniche supérieure, lui confèrent un dynamisme contenu.
Reprenons notre chemin par la rue Sant Blai jusqu’à la place Agustí Querol, puis rejoignons le Pont de l’Estat jusqu’au quartier de Ferreries. La construction de ce pont, qui commença après l’incendie au cours duquel disparut le dernier pont de barques (1892), obligea à supprimer une partie de la place de l’ancienne église du Rosaire (26), aujourd’hui dans le quartier de Ferreries. La maison d’Antoni Llorca se trouve sur la promenade dégagée le long du fleuve, tout comme l’église mentionnée précédemment. Elle possède une ornementation aux motifs végétaux, bien élaborés et sculptés, qui lui confère tout son caractère. Quant à la maison d’Antoni Llorca, construite par l’architecte Joan Abril, sur l’une de ses façades latérales se trouve la porte de l’église qui existait sur l’ancienne place des Cols. Ce quartier possède également un autre exemple de l’Art Nouveau catalan : la Maison Camòs. Indiquons les formes courbes d’inspiration arabe de la partie supérieure des fenêtres du rez-de-chaussée.
Revenons du Pont jusqu’à la place Agustí Querol pour remonter la rue Montcada et rejoindre le Palais Climent (36). Indiquons l’aspect ordonné de ce palais, une impression créée par la composition verticale des fenêtres.
Continuons notre chemin jusqu’au Palais Abària, et de là jusqu’à la place de la Cinta pour découvrir un autre bel exemple de l’Art Nouveau catalan, la Maison Grego (30), où les formes sont plus arrondies et sinueuses et créent le dynamisme très caractéristique du Modernisme.
Nous terminerons notre itinéraire le long du fleuve, en contemplant l’un des édifices Art Nouveau les plus réussis de la ville : les anciens Abattoirs Municipaux (29)
. Construits entre 1906 et 1908 sur des terrains gagnés sur les eaux, ils sont l’œuvre de l’architecte Pau Monguió i Segura qui appliqua un principe de pavillons combinant les espaces ouverts et fermés.